Actualités

Belgique : la vape sort d’un coma de près de deux mois

Du 18 mars au 11 mai, les boutiques belges ont dû baisser le rideau, laissant les vapoteurs aux abois puisque la vente en ligne y est interdite. Aujourd’hui, où en est-on au royaume de Belgique ?

Durant près de deux mois, la vape belge a été étouffée puisqu’aucun produit de la vape ne pouvait y être vendu, mis à part dans les magasins de tabacs. Finalement, les vape shops ont pu rouvrir le 11 mai dernier, comme le reste des magasins non essentiels, sous certaines conditions sanitaires strictes identiques à celles pratiquées en France. Depuis ce jour, « beaucoup de boutiques de vape utilisent le système de ‘comptoir’ à leur porte d’entrée », comme l’explique Diego Mersch, gérant de Vapemap, distributeur belge de matériel américain.

« Le nombre de clients en magasin est limité. La file d’attente se fait à l’extérieur. Nous ne servons qu’un client à la fois pour respecter les distances de sécurité, précise Mickaël Espadana, gérant du réseau Belgacig. Nous avons mis en place également des Plexi de protection au comptoir. Du gel est disponible à l’entrée de chaque magasin. L’interdiction du test des e-liquides n’est pas un problème pour nos clients car il est déjà interdit en Belgique depuis le début de la TPD. En Belgique, faire tester un e-liquide est considéré comme faire la promotion d’un produit du tabac ! ».

Se réorganiser et parer au plus pressé

Durant ces deux longs mois, les entrepreneurs belges de la vape ont bien dû s’organiser pour faire face à la situation. Pour le gérant de Vapemap, c’est passé par une réorganisation complète. Étant distributeur, il a pu limiter les dégâts en continuant à travailler avec ses partenaires des autres pays européens. Mais sa société a dû aussi s’adapter en restructurant ses bureaux, en mettant en place le télétravail, des processus sanitaires lourds, la mise en quarantaine des nouveaux arrivages et une toute nouvelle façon d’approcher ses clients en organisant leurs visites à son dépôt.

Du côté des boutiques, pour pallier leur fermeture, certaines comme Belgacig ont mis en place un site Internet de vente, après le 1er mois de confinement. « Nous recevions plus de 100 messages de clients en détresse chaque jour. Beaucoup de nos clients avaient fait des réserves pour un mois mais pas deux. Le site ne comportait pas d’image de produit, et uniquement avec des produits que nous étions autorisés à vendre. Donc pas de nicotine, pas de résistances, pas de matériel », assure Mickaël Espadana. « En parallèle, nous avions mis en place 3 points de dépôt de boosters de nicotine dans des librairies ou stations-service restés ouverts. Cependant, beaucoup de nos clients n’ont pas eu le réflexe ou la possibilité de regarder notre site Web ou nos pages Facebook afin d’avoir cette information ».

Diego Mersch, gérant de Vapemap Europe

Un marché noir s’est mis en place

Durant ce confinement, Belgacig a pu dépanner quotidiennement une trentaine de clients avec ce service de dépôt. « Nous aurions aimé faire beaucoup plus mais nos différentes demandes auprès de la cellule de crise sont restées sans réponse, malgré les messages de détresse de nos clients, déplore le gérant du réseau. Ils n’avaient d’autre choix que de retourner vers le tabac, faute de résistance ou tout simplement parce que les gens avaient peur de sortir de chez eux et de se rendre dans un de nos points de dépôt ».

Du côté des vapoteurs, « beaucoup se sont remis à fumer, oui hélas, déplore Diego Mersch. À part les petites e-cigs disponibles dans les tabacs, qui sont comme vous vous en doutez loin de convenir à tout le monde, plus rien n’était disponible. Un marché noir s’est mis en place pour les plus organisés, mais les gens qui n’étaient pas sur des réseaux sociaux se sont retrouvés sans rien et cela est criminel de la part de notre gouvernement qui n’a pas voulu nous écouter, malgré le soutien de plusieurs organisations comme l’Association belge contre le cancer ».

Ressortir de près de 2 mois de confinement n’est pas chose aisée. « La situation est assez difficile pour les boutiques et les distributeurs », admet Diego Mersch. « Les magasins n’ont pas eu le droit d’ouvrir et les distributeurs, forcément, ont vu leurs ventes chuter en flèche, Le gouvernement a promis des aides qui prennent énormément de temps à arriver, beaucoup de sociétés n’ont encore rien reçu ».

Des vapoteurs sont retournés à la clope

Du côté de Belgacig, la première semaine d’ouverture a été très bonne. Tout comme la dernière semaine avant le confinement. « Grâce à cela, nous avons pu limiter les dégâts sur les mois de mars et mai. Le mois d’avril est bien évidemment à zéro car nous étions totalement fermés ». Malheureusement, passé la 1re semaine de déconfinement, le chiffre d’affaires a baissé de 10 à 15 % par rapport à avant le confinement. Mickaël Espadana attribue cette baisse a l’arrêt de la vape durant le confinement, ses clients étant dans l’impossibilité de se fournir en liquide, résistance ou matériel, du fait de la fermeture des boutiques de vape.

S’il est vrai que les presses et les supérettes (qui vendent le tabac en Belgique) disposaient d’un peu de stock d’e-liquide pour dépanner, elles n’ont pas le même choix que les magasins spécialisés en termes de résistances, matériel, etc. « Et plus important, ces commerçants n’ont pas l’expertise, ni le conseil », s’agace Mickaël Espadana.

Logiquement, une partie des vapoteurs belges ont repris le tabac. Le gérant de Belgacig le constate : « Nous nous en rendons compte maintenant car le chiffre d’affaires n’est pas revenu au niveau précédant le confinement. D’autant que la période avril-mai-juin est historiquement notre meilleure période de vente de l’année. Et pour les vapoteurs, c’est une véritable catastrophe pour beaucoup. Nous savons tous que le sevrage tabagique est très difficile. Mais l’État belge les a redirigés droit dedans car les points de vente de tabac avaient, eux, le droit de rester ouverts ».

La vape méprisée

Cette situation privilégiant les points de vente de tabac par rapport aux vape shops ne passe pas chez Mickaël Espadana. « L’État belge aurait pu nous autoriser, seulement durant la période du confinement, à vendre tout notre catalogue par Internet. Ainsi, nous aurions pu dépanner tous nos clients et éviter que beaucoup ne repassent à la clope. Mais même cela, l’État belge nous l’a refusé », s’insurge-t-il. « Cela montre encore une fois comment la vape est considérée en Belgique ! ».

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer