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Canada : retour à la cigarette

Aujourd’hui, c’est le retour de Vincent Gagnon, directeur scientifique de l’Association québécoise des vapoteries (AQV), qui rapporte l’évolution de la situation de la cigarette électronique au Canada.

Au moment où vous lirez ces lignes, espérons que les mesures de distanciation sociale et les équipements de protection auront fonctionné dans votre pays, vous évitant au passage un reconfinement que personne ne souhaite. Du côté du Québec, le déconfinement a débuté le 4 mai avec la réouverture des commerces disposant d’un accès extérieur. Du côté des centres commerciaux et autres espaces fermés, la réouverture s’est faite le 1er juin.

Les boutiques laissées pour compte

À titre de rappel, malgré toute l’ambiguïté de savoir si le vapotage était ou non un produit du tabac aux yeux de la santé publique, il en demeure que les vapoteries ont été maintenues fermées au titre de service non-essentiel pendant toute la durée du confinement. Ainsi, entre le 24 mars et le 4 mai, et jusqu’au retour à un semblant de normalité le 1er juin, les vapoteurs du Québec ont été laissés pour compte. L’AQV avait déjà exprimé ses craintes vis-à-vis de l’exclusion des boutiques de vape et ce que cela impliquerait en termes de possible retour au tabac pour les utilisateurs de cigarettes électroniques.

Hausse de 20 à 35 % des ventes de cigarettes 

Eh bien voilà, en date du 14 juin, selon le Conseil canadien de l’industrie des dépanneurs, qui regroupe 25 000 commerces de proximité au Canada, dont 4 000 au Québec, la pandémie a fait augmenter les ventes de cigarettes légales de 35 % dans les commerces situés près des réserves autochtones, et de 20 à 30 % ailleurs au Québec. Considérant que les vapoteries étaient officiellement fermées, il nous semble évident qu’une proportion de ces ventes est en lien avec ce choix du gouvernement du Québec.

Ce triste constat illustre bien que les fumeurs et vapoteurs en transition vers une solution alternative comme le vapotage ont été laissés pour compte pendant le confinement. Plusieurs vapoteries ont fait des pieds et des mains pour prendre des dispositions avec des commerces de détail et tabagies (considérés eux comme essentiels) afin qu’il deviennent dépositaires de leurs produits pendant la crise.

Un secteur fragilisé 

Cela a permis de diriger de nombreux clients vers ces lieux d’approvisionnement temporaire, mais un tel changement ne s’intègre pas sans heurt dans les habitudes de consommation des clients, et de facto, cela a créé de la confusion et en a perdu et découragé plus d’un. La réouverture a donc dû s’opérer progressivement et avec un nouveau défi pour les vapoteries du Québec déjà fragilisées par la crise de désinformation de l’automne dernier.

Regagner les vapoteurs redevenus fumeurs 

Ce nouveau défi, c’est de renouer, encore une fois, le lien de confiance avec ceux qui ont cédé pour la cigarette pendant la pandémie en raison notamment de la facilité de s’en procurer à tous les coins de rue. Si seulement le Canada et les provinces pouvaient agir de pair avec les vapoteries dans l’élaboration d’une stratégie de lutte contre le tabagisme qui tirerait parti de cette technologie de rupture que représente le vapotage. 

Santé Canada préfère encadrer que promouvoir 

Mais pour l’instant, Santé Canada est davantage préoccupé à opérer une nouvelle vague d’encadrement de l’étiquetage des produits plutôt que d’investir son énergie à convaincre les fumeurs récalcitrants de faire la transition vers une alternative visant la réduction des méfaits du tabac. 

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