Dossier E-cigarette

De la nicotine spéciale vape et française dans tous les e-liquides VDLV

Depuis 2017, VDLV produit la “Nicotine Vapologique”. Aujourd’hui, cette nicotine française produite spécialement pour la vape est intégrée dans tous les e-liquides de la société. Vincent Cuisset, fondateur de VDLV, et Cédric Fressin, ingénieur en génie des procédés de l’entreprise pessacaise, racontent l’aventure de cette nicotine pas comme les autres.

Qu’est-ce qui vous a poussés à vous lancer dans cette aventure ?

Vincent Cuisset, fondateur de VDLV

Vincent Cuisset : Depuis les débuts de VDLV, nous avons toujours cherché à maîtriser la traçabilité de nos produits. Très rapidement, il nous est apparu comme essentiel d’utiliser une nicotine qui soit produite avant tout pour être vapotée. Pour cela, il était important de s’assurer que son processus de fabrication était adapté à son utilisation finale, à savoir l’inhalation.

Cédric Fressin, ingénieur en génie des procédés chez VDLV

Cédric Fressin : Jusqu’alors, la nicotine que nous utilisions était un produit d’importation. Elle était extraite en Inde ou en Chine puis purifiée en Suisse. Mais ses méthodes traditionnelles d’extraction étaient sujettes à caution.

Comment est extraite la nicotine du tabac traditionnellement ?

V. C. : Les méthodes traditionnelles d’extraction utilisées en Chine ou en Inde impliquent l’usage de solvants toxiques, dont le dichlorométhane, qui apporte d’excellents rendements d’exploitation mais qui est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique (CMR). Même après purification, on en retrouve une infime partie dans de la nicotine liquide pure, qui s’ajoute à des impuretés résiduelles (alcaloïdes du tabac). Et la question était : est-ce qu’on est capable de fabriquer de la nicotine sans ce solvant-là ?

C. F. : Nous avons imaginé un procédé d’extraction en France, basé sur des principes de chimie verte, pour une nicotine dite vapologique. C’est-à-dire exclusivement à l’usage des vapoteurs.

V. C. : Nous avons alors présenté notre projet au conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, qui a très vite compris son potentiel. L’agriculture de tabac est en déclin en France depuis des années, l’objectif était d’arriver modestement à relancer ce secteur agricole, en produisant du tabac qui soit non plus destiné aux cigarettes classiques mais à la production de nicotine, donc pour une alternative à la cigarette classique. C’est quelque chose qui leur paraissait intéressant.

Quelles sont les différentes étapes de votre procédé d’extraction ?

C. F. : Le procédé, depuis la graine jusqu’à la nicotine finale, est divisé en quatre grandes étapes. Il y a d’abord la sélection de la graine, qui va permettre d’obtenir un fort taux de nicotine. Ensuite, il y a la culture du tabac qui va nous permettre de faire en sorte que cette nicotine se propage principalement dans les feuilles, puisque c’est là que nous allons utiliser le maximum du potentiel d’extraction de cette molécule. Ensuite, suivent les étapes d’extraction et de purification de la nicotine. Chez VDLV, nous maîtrisons cette partie de A à Z. Cela nous permet d’arriver à une concentration de nicotine de 99,7 %, voire plus.

Aujourd’hui, combien d’agriculteurs vous fournissent leur tabac ? Cela concerne combien d’hectares ?

Un exploitant de tabac vapologique en Dordogne

C. F. : L’année dernière, nous étions en partenariat avec 8 exploitations agricoles. Au total, nous avons collecté plus de 5 hectares de tabac. Cette année, le nombre de partenaires agriculteurs est monté à 16. Si les conditions climatiques sont favorables, nous escomptons récolter au moins 19 hectares cet été.

V. C. : Les tabaculteurs qui ont choisi de travailler avec nous en 2018 nous ont réitéré leur confiance en 2019. D’autres viennent nous rejoindre dans cette aventure cette année. Aujourd’hui, certains ont même arrêté la culture traditionnelle du tabac à fumer pour passer la totalité de leur production en tabac vapologique. C’est une réelle fierté pour nous de voir que notre innovation fait des émules et intéresse de plus en plus d’agriculteurs.

V. C. : En revanche, nous devons la prémunir contre d’autres agressions extérieures comme les champignons. Pour ce faire, nous soutenons, grâce à la société Immunrise BioControl, un programme de recherche et de développement autour d’une micro-algue aux propriétés antifongiques. Ses effets permettent de lutter efficacement contre le mildiou, par exemple. Pour la culture du tabac vapologique, nous encourageons fortement nos agriculteurs à expérimenter des techniques innovantes comme celle-ci afin de trouver des solutions phytosanitaires écoresponsables pour l’homme et son environnement.

Quel bilan tirez-vous à ce stade ?

Des feuilles de tabac en cours de séchage

V. C. : Nous sommes ravis de cette aventure, c’est ce qui pouvait nous arriver de mieux : travailler avec des agriculteurs de tabac, leur faire comprendre notre démarche, les voir motivés et sensibles à cette nouvelle utilisation. Nous sélectionnons avec eux des variétés de tabac à forte teneur en nicotine. Auparavant, on leur demandait de travailler avec des variétés qui, au contraire, avaient les plus faibles concentrations possible, c’est un grand changement de méthode agronomique pour eux.

C. F. : Autour de ça gravitent des disciplines comme la thermodynamique, la mécanique des fluides, l’instrumentation, la régulation, la qualité, le suivi environnemental et un gros chapitre qui nous tient à cœur : la valorisation des déchets et des coproduits.

V. C. : C’est ce qu’on a essayé et réussi à mettre en place avec cette unité pilote d’extraction de nicotine. C’est vraiment passionnant.

Au niveau de la culture du tabac, faites-vous attention à limiter les pesticides ?

C. F. : Le tabac est une plante aux multiples ressources qui produit un insecticide naturel : la nicotine. De ce fait, nos partenaires agriculteurs n’ont pas besoin d’utiliser des insecticides pour la protéger.

Est-ce qu’à terme, vous pensez pouvoir extraire de la nicotine de tabac cultivé en agriculture biologique ?

V. C. : Depuis le lancement de ce projet, notre ambition est de travailler sur l’économie circulaire et le développement durable. Même si nous avançons rapidement, nous en sommes encore aux prémices. Nous avons conçu une unité pilote qui permet de limiter la consommation en eau et de valoriser une grande partie de nos déchets. Mais il ne faut pas brûler les étapes. L’appellation “agriculture biologique” implique la mise en place de processus bien particuliers pour nos agriculteurs et, surtout, une phase de certification qui peut être longue et coûteuse. Pour le moment, nous souhaitons concentrer nos efforts vers une rémunération juste et équitable de nos partenaires. Cependant, nous ne perdons pas de vue la mise en place d’une politique de labellisation plus ambitieuse.

Dans le même ordre d’idée, espérez-vous pouvoir utiliser de la Nicotine Vapologique pour vos boosters de nicotine ?

Un plant de tabac vapologique dans un champ en Dordogne

V. C. : Dans l’immédiat, nous ne prévoyons pas d’utiliser notre nicotine dans nos NicoFills. Nos boosters sont commercialisés à un prix très attractif et il faut savoir que la Nicotine Vapologique coûte, à ce jour, plus cher à produire que la nicotine “classique”. Comme nous ne souhaitons pas répercuter cette augmentation sur le prix de nos produits, il n’est pas envisageable pour le moment de l’intégrer dans cette catégorie de produit.

C. F. : Mais toute l’équipe VDLV travaille au quotidien pour améliorer la productivité de notre appareil industriel. Nous espérons qu’à très court terme, en réalisant des économies d’échelle, le prix de notre nicotine deviendra comparable à celui de la nicotine traditionnelle.

Vous n’avez pas la sensation de marcher sur les plates-bandes des cigarettiers ?

V. C. : Quand nous considérons les volumes de tabac dont nous avons besoin pour notre unité pilote et les volumes brassés par l’industrie du tabac, nous en sommes encore très loin. Pour l’instant, nous devons les faire doucement rigoler, nous verrons dans cinq ou dix ans si c’est toujours le cas.

Personnellement, quand vous repensez au jour où vous avez découvert l’e-cigarette, ça vous fait quoi aujourd’hui d’être entouré d’ingénieurs, de techniciens ?

V. C. : Je me dis que c’est une belle aventure. Mais elle est fragile car nous sommes sur un marché complexe. Nous connaissons la puissance des lobbys du tabac et de l’industrie pharmaceutique, mais nous continuons notre bonhomme de chemin en essayant d’aller de plus en plus loin dans notre expertise sur l’e-liquide. Pour nous, notre priorité reste et restera la sécurité du consommateur.

La Nicotine Vapologique dans tous les e-liquides VDLV

L’intégration de la Nicotine Vapologique dans les e-liquides de VDLV s’est faite en plusieurs étapes. En 2017, en attendant que les capacités de rendement puissent couvrir en totalité ses besoins, VDLV a présenté cette nicotine dans une collection de 3 e-liquides de la gamme Origin nv de Vincent dans les Vapes. La nicotine produite était alors extraite de feuilles de tabac d’origine indienne. Une fois totalement qualifiée analytiquement, elle a pu être intégrée dans tous les autres e-liquides. Elle est aujourd’hui présente chez Vincent dans les Vapes à travers les gammes Les Incontournables et Les Grands mais aussi chez CirKus avec les collections Authentic CirKus, Black CirKus et Classic Wanted.

VDLV : les chiffres clés

  • Effectif : plus de 80 collaborateurs.
  • Chiffre d’affaires 2018 : 13 millions d’euros.
  • Capacité de production : 2 000 000 flacons par mois.
  • 1 500 clients professionnels en France.
  • 115 saveurs différentes.
  • 40 pays distribués.

En savoir plus sur VDLV : https://www.vdlv.fr/

Crédits photos : VDLV

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