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La vie selon Big Papa

Big Papa a été sans doute la plus grosse surprise de l’année 2019. Quelques mois après son apparition, le fabricant toulousain a décroché un Vapexpo Award pour Sugar Daddy et se place dans la liste des best-sellers. Mais bien plus qu’un fabricant d’e-liquide, Big Papa est une marque lifestyle, dirigée avec passion par Yann Mutel.

Big Papa, c’est lui : Yann Mutel, 45 ans. Il fait partie de ceux que rien, dans leur parcours, ne prédestinait à la vape, et qui ont rencontré le métier au terme d’un enchaînement qui fait croire au destin.

La vape dans le viseur

“J’ai fait des études de commerce, explique le juice maker, mais sans conviction, j’étais un branleur. Je me suis ensuite orienté vers la photo, domaine où j’ai obtenu mon seul diplôme. Je suis donc devenu photographe professionnel, c’était mon métier autant que ma passion.” Il travaille donc pour des studios photo, des magasins et fait photographe de mariage.

“À l’époque, c’était encore un métier. Je ne travaillais que sur argentique. Et puis le numérique est arrivé, et ça a trop vulgarisé la photo. Je me suis retrouvé face à des gens qui s’achetaient un reflex numérique à 500 €, qui n’y connaissaient rien et qui prétendaient t’expliquer ton travail. Ça m’a agacé. Le numérique, c’est très bien, je ne dis pas le contraire, mais faire de la photo, ça demande plus”, constate-t-il.

Il prend alors une année sabbatique et prend du recul pour s’occuper de son fils, qui a un an. Il peut passer du temps et profiter d’être avec lui.

La croisée des chemins

Entre-temps, sans encore le savoir, Yann Mutel a rencontré son destin, sans s’y attendre. “J’étais sur un groupe de hardware PC, et quelques-uns parlaient de vape. Un des gars avait un reconstructible, et ça m’a intéressé, par curiosité, le côté geek et bricoleur. J’ai tenté le coup en achetant un Aérotank V2 de Kanger et un Spinner V2 de Vision. Et surprise, trois jours plus tard, j’ai trouvé ma clope infâme. C’était en juin 2014, j’avais arrêté le tabac sans même m’en rendre compte”, se rappelle le fondateur de Big Papa. 

Yann Mutel met alors le nez dans la vape et plonge dans les réseaux sociaux. “Très vite, je me suis rendu compte qu’il y avait une vie autour de tout ça, que ça bougeait, explique-t-il. Et un jour, sur un post Facebook, j’ai entendu parler d’un truc curieux, dans une boutique, un ‘vapéro’. J’y suis allé par curiosité, c’était près de chez moi, à Toulouse. Là, au fil du temps, j’ai croisé Kevin, alias Kevin Vape, Alexis, qui travaille aujourd’hui chez Bobble Liquide, Jérémy Frapech, de Révolute/Inowire, et tout un petit groupe de gens passionnés de vape et déterminés à créer quelque chose et à échanger autour de ça.”

Yann Mutel suit alors son naturel et se lance à fond. Et donc, trois mois après avoir acheté son premier kit, il se retrouve de l’autre côté du comptoir en étant vendeur dans une boutique de vape. Malheureusement, celle-ci a fermé au bout d’un an. À ce moment-là, il reçoit un coup de téléphone du directeur d’Ekoms Lab, qui a entendu parler de lui en bien et qui cherche un commercial. Il lui propose de le rencontrer et c’est comme ça qu’il est embauché comme commercial, mais pas seulement. “Il m’avait laissé l’accès au labo, détaille-t-il. Ça me tentait pas mal, alors j’ai commencé à apprendre, à faire des assemblages et à essayer des choses au niveau professionnel”. 

Naissance d’un juice maker

Tous ses essais finissent très vite par payer et il crée les Korn Cloud et les X-Wood pour Ekoms. En mars 2019, l’aventure Ekoms se termine. Un ancien client, Arnaud Jouany, avec qui il avait noué des liens d’amitié lui demande ce qu’il veut faire ensuite. “J’avais l’idée de Big Papa, et j’avais envie de faire les choses bien. Lui m’a simplement répondu : ‘moi je crois énormément en ton projet, si tu veux je t’accompagne’. Et c’est ainsi que la société s’est montée, et qu’on est devenus associés”, explique-t-il.

Et le fondateur de Big Papa ne regrette pas. Cette association lui a apporté un confort de travail, logistique et administratif, sans lesquels il ne se serait pas lancé.

Une autre rencontre déterminante intervient à Vapexpo Nantes. C’est le dernier salon qu’il fait avec Ekoms, et il y parle un peu de son projet et de la suite avec quelques amis, dont Jérôme Treulier. Pour ceux à qui ce nom ne dirait rien, disons plus simplement Monsieur Religion Juice. Vous y êtes ? “Jérôme m’a dit ‘vas-y, fonce bébé, je t’embouteille’. L’accueil général, d’ailleurs, a été assez sympathique, les gens à qui j’en ai parlé étaient assez enjoués”, se réjouit-il.

Un mode de vie

Quand Yann Mutel lance Big Papa, il n’a rien du tout, mais ça ne pose pas vraiment de problème, parce que Big Papa n’est pas une simple marque de liquides. Son concept est plus large : “Mon idée a toujours été de faire une marque lifestyle, dont la vape serait l’élément, mais qui irait au-delà.”

Autant d’ailleurs par passion que par raison, il est persuadé qu’arriver aujourd’hui sur le marché de la vape avec des liquides sans identité n’a pas beaucoup de sens : “Il faut amener un univers avec soi, les gens aiment quand ce qu’ils vapent a son identité propre.” L’univers Big Papa tourne donc autour de vape, de cosmétiques et de vêtements : “Une première huile de barbe 100 % naturelle, bio, ecoresponsable va d’ailleurs bientôt sortir.”

Cet univers, il le crée avec Ouate, anciennement La Ruelle, une agence de communication spécialisée dans la vape. Ils ont de longues conversations pour décrire cet univers et ses valeurs. Yann Mutel travaillait déjà avec eux et voulait qu’ils fassent quelque chose qui me ressemble.

Mais le plus simple est de commencer par la vape : “J’ai créé la première gamme de liquides, le Zippy Pop, le Sugar Daddy et le Rad Dad. Un fruité, un gourmand et un tabac. D’ailleurs, le Rad Dad était un liquide que j’avais depuis longtemps en projet. L’idée était de rendre hommage à des jus de légende comme le Gorilla Juice d’Alien Vision, et j’y avais travaillé pendant longtemps, déjà chez Ekoms, sans succès. J’avais une idée très précise de ce que je voulais, mais je n’y arrivais pas. Là, quand j’ai refait une tentative, j’ai trouvé de suite. Tout s’est agencé à la perfection, pile comme je le souhaitais”, sourit-il.

Mais il n’y a pas que ça qui s’ajuste à la perfection : lors du premier Vapexpo auquel il participe en tant que Big Papa, un de ses liquides a été distingué : “C’était important pour moi, il n’y avait pas moyen de mieux démarrer.”

La consécration de Big Papa

Parce que, quelques mois après que Big Papa soit sorti de nulle part, à l’échelle de la vape, Sugar Daddy remporte le prix du meilleur liquide gourmand au Vapexpo. Rien que ça. Puis une deuxième gamme suit, sur le même modèle : un tabac, un gourmand et un fruité, cette fois-ci sur un autre thème. “La première gamme était sur le thème de la route et de la mécanique, la seconde sur le thème de la musique, et la troisième… vous verrez, avance-t-il. Mais d’emblée, j’avais pensé à trois gammes de trois liquides, chacune sur un thème spécifique, qui raconterait ce que Big Papa a à dire.”

Yann privilégie, aussi souvent que possible, le circuit court. “Les tee-shirts sont faits à 20 km de chez moi. Un coup de voiture, et je peux aller les voir fabriquer, rencontrer les gens qui les font. Ça me coûte plus cher, je pourrais gagner beaucoup plus d’argent en les faisant faire ailleurs, mais ce n’est pas le but.”

C’est ce qui fait également la différence entre une identité de marque et un gadget : “Les fringues, ce ne sont pas des goodies, ce sont de vrais produits, de qualité supérieure.” Une volonté appliquée à tout l’univers Big Papa. “Les arômes utilisés sont à 90-95 % français. Là encore, je préfère faire travailler un fabricant français. Pareil pour les produits barbes, pas testés sur les animaux, naturels et sans conservateurs.”

La gamme Big Papa pour la barbe sera, par la force des choses, la dernière à être commercialisée. “On a pris du retard, à cause de la Covid évidemment, déplore-t-il. Mais les premiers retours sont intéressants. J’avais fait une petite production que j’avais laissée chez des barbiers, qui sont aussi des amis, et les quelques clients à qui ils l’ont fait essayer demandent régulièrement quand ils pourront en acheter. C’est encourageant.”

Les vêtements et les produits pour barbe sont également proposés dans quelques shops de vape, ce qui ne surprend pas, quand on y pense : l’idée de Big Papa est vraiment de proposer un concept global, un univers autour d’un style de vie, une véritable cohérence.

Il n’y a donc aucun doute : Yann Mutel n’est pas seulement le patron de Big Papa. Yann EST Big Papa. Et c’est ce plus qui, sans aucun doute, fait la différence et donne envie de connaître la suite. 

La vape de Yann Mutel

Vapoteur depuis : 2014.

Setups actuels et e-liquides préférés : j’en ai toujours 3 sur moi. Le Bastard RTA d’Animodz avec la Series-B DNA 60 de Jac Vapour et Sugar Daddy de Big Papa. Le Bastard RTA d’Animodz avec le Stealth Dog 2.0 d’Animodz et le Rad Dad Reserve de Big Papa. Enfin, l’Aston RTA d’AllianceTech Vapor avec la Cassio de GC Box et le Groovy Pop de Big Papa. 

Taux de nicotine : 3 mg/ml en all day et plus dosé de temps en temps quand je sors.

Consommation quotidienne : environ 5 ml.

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