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Le Québec, “village gaulois” pour l’industrie du tabac

Régulièrement, Karyn Laverdière, présidente de l’Association québécoise des vapoteries (AQV), rapporte l’évolution de la situation de la cigarette électronique au Canada.

Quand l’incohérence courtise l’illogisme. On ne peut, en cette période, passer sous silence le sujet des services essentiels durant la pandémie. Encore une fois, la Belle Province se distingue par une grande hétérogénéité des mesures liées au confinement.

Au Québec, les produits du vapotage ont été intégrés à la Loi concernant la lutte contre le tabagisme en 2015.

Voici ce que dit le texte : “La présente loi s’applique au tabac récolté, qu’il soit traité ou non et quelles que soient sa forme et sa présentation. Est assimilé à du tabac, tout produit qui contient du tabac, la cigarette électronique et tout autre dispositif de cette nature que l’on porte à la bouche pour inhaler toute substance contenant ou non de la nicotine, y compris leurs composantes et leurs accessoires, ainsi que tout autre produit ou catégorie de produit qui, aux termes d’un règlement du gouvernement, y est assimilé.”

Vape = tabac, mais pas toujours…

Toutefois, il semblerait que ce ne soit plus le cas en cette période… ou peut-être que si… nous n’en sommes plus certains en fait. Le gouvernement ne semble plus savoir lui non plus ce que l’industrie du vapotage est finalement. Et il enchaîne les contradictions, les unes après les autres.

Pour résumer, les vapoteries ont été contraintes de fermer, n’étant pas jugées essentielles. Alors que les tabagies et autres endroits où sont vendus les produits du tabac ont été déclarés services essentiels ainsi que les entreprises de fabrication de cigarettes.

Vapoteries fermées, débits de tabac ouverts

L’AQV a donc tenté, par plusieurs moyens, de faire comprendre au gouvernement qu’en temps de pandémie concernant une maladie pulmonaire, d’exclure les vapoteries impliquerait un retour au tabac pour de nombreux vapoteurs du Québec, mais en vain. La réponse est restée la même : “si votre commerce a le droit d’étaler des produits du tabac, tels que définis dans la Loi concernant la lutte contre le tabagisme, il doit être fermé. Cela inclut les commerces qui ne vendent que des cigarettes électroniques et autres dispositifs de cette nature que l’on porte à la bouche, ainsi que leurs accessoires et composantes.”

Voici les points contradictoires et décousus qui nous ont été apportés au fil des discussions :

  • Nous n’avons pu obtenir de dérogation de vente en ligne comme les commerces qui ne sont pas un produit du tabac. Nous désignant ainsi être un produit du tabac.
  • Ils ont demandé de fermer boutique, témoignant que ne sommes pas un produit du tabac.
  • Le gouvernement nous a refusé une dérogation de livraison en nous référant à la loi du tabac.
  • Ils nous ont indiqué que l’on ne peut vendre nos produits en pharmacie tout en nous signalant être un produit du tabac (interdit pour eux) et nous ont retournés vers les endroits autorisés à vendre les produits du tabac
  • les vapoteries ne sont pas considérées comme essentielles, comme le tabac. Ce qui pourrait indiquer que l’industrie n’est donc pas considérée comme un produit du tabac.

Pendant que les tabagies retrouvent leurs bons clients, qui avaient déserté depuis plusieurs années, et que les coffres des taxes sur le tabac se remplissent comme autrefois, les plus récalcitrants au retour à la combustion demandent incessamment aux vapoteries de les accommoder en faisant fi du risque lié aux amendes. Le gouvernement du Québec ayant gardé comme service essentiel les inspecteurs du tabac reliés au vapotage, ceux qui dérogeront à la loi risquent gros, pour la santé communautaire.   

Un grand questionnement existentiel apparaît donc chez les commerçants, digne d’une satire ; Hamlet réinventé à la sauce “être ou ne pas être”… un produit du tabac.

L’industrie aurait pu se réjouir de la dissimilitude entre les 2 paliers gouvernementaux ainsi que de l’imbroglio actuel entre la loi et les mesures d’urgence sanitaire afin de pouvoir intervenir avec force à la suite du confinement. Bien que la moitié se soit ralliée à cette idée, l’autre moitié a tenté de contourner la loi et nous voyons actuellement les vapoteries devenir des magasins de proximité (Dépanneur au Québec), les obligeants malheureusement à rendre non visibles les produits pour vapoteur à la vue des clients.

Avenir incertain pour les boutiques

Serait-ce la fin du commerce des vapoteries tel que nous le connaissions il y a un mois ? Il est certain que cette période aura des impacts notables sur l’industrie. Déjà qu’au Canada, des règlements se sont ajoutés en 2020 et qu’au Québec, un comité était à l’étude de mesures imprévisibles et incertaines, ce rapport devant être déposé en avril, questionnons-nous sur ce que seront les incidences des choix de chacun durant cette courte période pour la postériorité…

À suivre…

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