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Mettre fin au dialogue de sourds

Dans chaque numéro, Vincent Gagnon, directeur scientifique de l’Association québécoise des vapoteries (AQV), rapporte l’évolution de la situation de la cigarette électronique au Canada.

Force est de constater que la quantité phénoménale d’informations erronées qui a circulé depuis la crise de désinformation continue de ternir l’image de l’industrie malgré les quelques rectifications qui ont suivi. Et dans cette confusion générale issue du manque de rigueur des journalistes alimentée par l’OMS ainsi que par les organismes antivapotage et antitabac, un problème de fond demeure. Ce problème, ce sont les biais cognitifs qui nuisent à un réel dialogue fondé sur la raison.

On croit savoir…

Parmi les biais possibles, on retrouve le biais de confirmation. Ce type de biais reflète la tendance, très commune, à ne rechercher et ne prendre en considération que les informations qui confirment les croyances et à ignorer ou discréditer celles qui les contredisent. 

On trouve aussi le biais de croyance qui se produit quand le jugement sur la logique d’un argument est biaisé par la croyance en la vérité ou la fausseté de la conclusion. Dans ce cas, des erreurs de logique seront ignorées si la conclusion correspond aux croyances. Le biais d’ancrage quant à lui sera davantage la tendance à utiliser indûment une information comme référence. 

L’illusion de savoir consiste pour sa part à se fier à des croyances erronées pour appréhender une réalité et à ne pas chercher à recueillir d’autres informations. La situation est jugée à tort comme étant similaire à d’autres situations connues et la personne réagit de la façon habituelle. 

Nommons aussi l’effet Dunning-Kruger, qui est le résultat de biais cognitifs qui amènent les personnes les moins compétentes à surestimer leurs compétences et les plus compétentes à les sous-estimer. Et finalement, l’effet boomerang, qui est le phénomène selon lequel les tentatives de persuasion ont l’effet inverse de celui attendu et les croyances initiales sont renforcées face à des preuves pourtant contradictoires.

Des manifs côté anglophones

Dans ce climat sophistique, il ne faut pas être surpris que, d’une part, on brandisse la peur et, de l’autre, la science. Nous assistons à un dialogue de sourds, et face à cette impasse, l’impatience prend notamment forme en de nouveaux regroupements du côté anglophone avec Rights4Vapers, qui a organisé 3 manifestations simultanées, le 15 février à Vancouver et Victoria en Colombie-Britannique ainsi qu’à Halifax en Nouvelle-Écosse. Ces deux provinces doivent faire face à un contexte imminent d’interdiction des saveurs. 

Au Québec, Horacio Arruda, sous-ministre adjoint à la Direction générale de la santé publique, a répondu formellement à l’AQV que son comité spécial ne consultera que des ressources internes, des partenaires de la lutte contre le tabagisme et des experts déjà identifiés pour mener à bien leurs travaux ayant comme objectif de protéger la santé des jeunes.

Interdire les saveurs ne règle rien

Bref, malgré les efforts conjoints des acteurs de l’industrie partout au Canada (AQV-CVA-VITA), malgré l’action éducative d’organismes non gouvernementaux tels que Vaping Advocacy and Education Project (VAEP) par Kellie Ann en Alberta, malgré les manifestations, malgré les études en lien avec le vapotage qui se multiplient, malgré tout cela, l’avenir du vapotage demeure incertain en raison du refus de ceux qui pourraient considérer la vapoteuse comme une alliée dans la réduction des méfaits du tabac, à l’instar de ce que le Royaume-Uni a fait. 

La pensée magique de bannir les saveurs ne fera pas disparaître ce besoin chez les vapoteurs adultes qui souhaitent agrémenter leurs efforts pour en finir avec le tabac. Bannir les saveurs donnera simplement un coup de pouce au marché noir en détournant la clientèle du marché légal, en plus de menacer directement la survie de tout une industrie qui fait sa part en bon citoyen corporatif qui contribue à la fiscalité de l’État. L’heure est venue d’en finir avec ce dialogue de sourds et de nommer les biais dont font preuve trop de détracteurs du vapotage.

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